Test Amazfit Cheetah 2 Ultra : la montre trail à 600 euros qui promet beaucoup, mais…

Amazfit nous avait déjà fait découvrir la Cheetah 2 Pro. Voici venue sa grande soeur, l’Amazfit Cheetah 2 Ultra, vendue 600 euros. Amazfit nous a envoyé le modèle pour ce test. Je l’ai portée pendant 15 jours, jour et nuit, sur de la musculation, du running classique de 5 à 10 km et des sorties plus courtes et rapides.

Le verdict tient en une phrase : c’est une bonne montre, mais à ce prix, on attend plus que ça. On détaille tout ça ci-dessous.
Notre avis en bref sur l’Amazfit Cheetah 2 Ultra
Autonomie énorme, écran AMOLED superbe, design réussi, finitions titane et saphir. Au poignet, c’est un vrai plaisir. Légère, fine, classe. Mais le GPS manque de précision, l’app Zepp harcèle pour vous abonner, et surtout cette Ultra embarque les mêmes capteurs que la Cheetah 2 Pro, vendue 150 euros de moins. Vous payez un plus grand écran et une plus grosse batterie, ou presque rien de plus. Si la Pro pouvait être une affaire, l’Ultra ressemble plus à une version « finie » au rapport qualité-prix moins évident.



Un design qui ne crie pas « montre de sport »
Premier contact, première bonne surprise. La Cheetah 2 Ultra est belle. Le design est épuré, sobre, presque élégant. Elle ne ressemble pas à ce gros bloc technique qu’on subit au poignet pendant l’effort, lourd et peu élégant.

J’avais testé la T-Rex 3 Pro avant. La différence la plus marquante, c’est le poids idéal, difficile de faire mieux. La Cheetah est plus légère, et le ressenti l’est encore plus. Elle paraît plus fine, moins encombrante. Le boîtier seul pèse 52 grammes, et on l’oublie au quotidien. Pour une montre qu’on porte aussi la nuit, ça compte vraiment, elle ne m’a pas gênée une seule fois.

Le boîtier en titane grade 5, l’alliage de référence en aéronautique, apporte robustesse et légèreté sans surpoids. Le verre saphir ne se raye pas : sur 15 jours d’usage intensif, le boîtier est resté intact malgré plusieurs chocs. La montre est étanche à 5 ATM, soit 50 mètres en conditions de laboratoire. Concrètement, la douche, la pluie et la natation passent sans souci. La plongée, non. Évitez aussi l’eau de mer et la plage : le sel et le sable risquent de l’abîmer prématurément.

Dans la boîte, vous trouvez le chargeur et deux bracelets. Le premier, un bracelet caoutchouc orienté effort et séchage rapide. Le second, un bracelet en tissu vert, plus chic, pas pensé pour la sueur mais plutôt pour sortir.
L’autonomie de l’Amazfit Cheetah 2 Ultra : un vrai point fort
Là, c’est le gros point fort. Sur mes 15 jours de test, je ne l’ai rechargée qu’une seule fois (elle n’était pas à 100 % quand elle est arrivée). À noter, mon modèle est neuf : impossible de dire comment la batterie vieillira. Mais en l’état, l’endurance est bluffante, et la recharge vraiment rapide.

Amazfit annonce jusqu’à 33 heures en mode Trail Running avec GPS, et jusqu’à 30 jours en usage montre connectée, porté par une batterie de 780 mAh. C’est nettement plus que les 540 mAh de la Pro. Je n’ai pas couru d’ultra pour valider les 33 heures de GPS, mais sur l’usage quotidien, le constat est clair : le chargeur reste au tiroir.
GPS et données : jusqu’où faire confiance à l’Amazfit Cheetah 2 Ultra
Venons-en au point sensible. J’ai comparé les données affichées sur la montre avec celles de Strava, relevées depuis l’app sur iPhone 16 : vitesse, distance, dénivelé.

Premier constat, les kilomètres passent plus vite sur Strava. Sur la montre, il faut forcer un peu plus. On parle d’au moins 10 à 15 % de distance en plus côté Strava. L’écart surprend les premières fois. La montre coupe dans les virages et sous-estime la distance. La trace montre parfois un léger zigzag, ou une courbe bizarrement abrupte là où le terrain était droit.

Une source de référence du milieu, the5krunner, a mesuré la précision GPS de la Cheetah 2 Pro à 73 % sur un parcours étalon.
La question est réelle. Jusqu’où peut-on faire confiance à des indicateurs qu’on sait imprécis ? Si la montre affiche 5 km, est-ce vraiment 5 km ? Ou 5,5 km ? Ou 4,5 km ? On ne sait pas. Pour une montre à 600 euros taillée pour le sport sérieux, c’est un vrai défaut.

Pour la fréquence cardiaque, dans l’effort, le suivi colle bien au ressenti : mesure de base, montée progressive pendant l’effort, et redescend en post-effort, même avec les mouvements erratiques du bras. Le comportement est cohérent. Au repos complet, le résultat semble parfois peu précis, et très dépendant de la position de la montre sur le poignet.
Tous les capteurs corporels, et deux bugs qui interpellent
Comme les autres montres Amazfit, la Cheetah 2 Ultra embarque une batterie de capteurs : sommeil, fréquence cardiaque, oxygénation du sang, respiration par minute, stress. Elle pousse même jusqu’à estimer le seuil lactique, cette intensité au-delà de laquelle l’effort devient vite intenable, une donnée habituellement réservée aux montres haut de gamme et aux tests en laboratoire. Sur le papier, c’est complet. Sur le papier, justement. Car deux comportements posent question.

Premier point. Au début, la montre n’affichait que de mauvais scores de sommeil. En regardant de plus près, elle ne détectait que du sommeil léger. J’ai dû aller chercher à la main si une mise à jour manquait. Résultat, le logiciel du capteur HRV n’était pas à jour. La nuit suivante, tout est rentré dans l’ordre. Étant dans la tech, j’ai le réflexe. Mais un coureur moins habitué à la technique aurait-il fait le rapprochement ? Rien n’est moins sûr. Et ce n’est pas une appli annexe : c’est le logiciel du capteur cardiaque, utilisé partout dans la montre. On veut que ce genre de mise à jour se fasse en automatique, au premier démarrage, puis dans la nuit. Ce manquement est plus sérieux qu’il n’y paraît.

Deuxième point. Pendant une séance de musculation, bras et épaules, sans que rien ne touche la montre, elle s’est éteinte. Sans prévenir. Elle était à 9 % de batterie, je me suis dit qu’elle n’avait peut-être plus de jus, mais j’ai pu la rallumer. Bizarre. La séance enregistrée s’est coupée, les stats sont inexploitables à cause de la grosse coupure. Gênant quand on compte sur sa montre pour suivre ses entraînements, et plus encore pendant son test.
L’app Zepp : vous prendriez bien un abonnement ? Du grand freemium
Venons-en à Zepp. Je n’en suis pas fan, alors que j’avais bien aimé l’app sur une autre Amazfit. Qu’est-ce qui a changé ? On me sollicite pour m’abonner en permanence. Plan mensuel, plan annuel, essai gratuit, offre du moment à ne surtout pas louper. Je le dis clairement : c’est pénible. L’app va jusqu’à envoyer des notifications du type « Bilan sur votre sommeil ». Vous cliquez, et vous tombez sur un portail de paiement, avec une offre qui va bientôt disparaître. Du freemium dans ce qu’il a de plus agaçant.




Cela dit, soyons justes. L’app reste pertinente pour l’après-entraînement. Plein de graphiques, des estimations, des données importantes. Ces données parleront à un coach sportif. Mon conseil : envoyez ces données à votre IA préférée en lui demandant d’enfiler la casquette d’un coach. Renseignez votre profil (sexe, âge, taille, poids, état), et laissez-la décrypter ces données pour vous fournir un bilan. C’est souvent plus parlant que les écrans de Zepp.



Cheetah 2 Ultra ou Cheetah 2 Pro : ce qui change vraiment
Soyons clairs, car c’est le cœur du problème. L’Ultra embarque les mêmes capteurs et le même logiciel que la Pro. Le tableau résume les vraies différences, face à un concurrent direct au même prix, la Garmin Forerunner 970.
| Critère | Cheetah 2 Ultra | Cheetah 2 Pro | Garmin FR 970 |
|---|---|---|---|
| Prix | 599,90 euros | 449,90 euros | 750 euros trouvable à 630 |
| Écran | AMOLED 1,5″ | AMOLED 1,32″ | AMOLED 1,4″ |
| Batterie | 780 mAh | 540 mAh | non connu |
| Autonomie en montre connectée | 30 jours | 20 jours | 15 jours |
| Autonomie GPS haute précision* | 60h | 31h | 21h |
| Autonomie en trail (écran allumé + cartographie) | 33h | non connu | 9h |
| Stockage | 64 Go | 32 Go | 32 Go |
| Poids (boîtier) | 52 g | 45,6 g | 56 g |
| Boîtier | Titane grade 5 | Titane | Titane |
| Verre | Saphir | Saphir | Saphir |
| Cartes topo en couleur | Oui | Non | Oui |
| Précision GPS | Moyenne | Moyenne | Excellente |
* Amazfit mesure l’autonomie avec l’écran éteint. Garmin avec l’écran allumé.


Rapport qualité-prix : la grande question des 600 euros
Voilà le vrai débat. À 600 euros, la Cheetah 2 Ultra affronte une concurrence solide. La Garmin Forerunner 970, au même tarif, fait mieux en précision GPS et profite d’un écosystème logiciel bien plus mature. La Coros Apex 4, 150 euros moins chère, vise une meilleure précision GPS. De plus, la Suunto Race 2 est aussi moins chère.

L’argument vendeur d’Amazfit, c’est « une Garmin Fenix 8 à moitié prix ». C’est vrai sur le papier, le Fenix 8 dépasse les 1000 euros. Mais cet angle évite soigneusement les concurrents au même prix, où la Cheetah 2 Ultra est loin de dominer.


Reste un point de vérité : à ce tarif, une partie de ce que vous payez, c’est le look, l’écran et l’autonomie, pas la performance pure. Si j’avais sorti 600 euros de ma poche, j’aurais été un peu déçu d’avoir si peu de plus que la Pro. Quelques fonctions, un plus grand écran, une plus grosse batterie, et au final, un prix très élevé. Le détail des specs est sur le site Amazfit.
Conclusion : À qui s’adresse l’Amazfit Cheetah 2 Ultra ?
Soyons clairs, l’Amazfit Cheetah 2 Ultra est une bonne montre. Belle, endurante, agréable à porter jour et nuit. Pas la plus pointue côté GPS ni la plus aboutie côté logiciel, mais polyvalente, classe, et avec une autonomie remarquable. C’est ce profil qui la rend recommandable pour le grand public : le coureur amateur ou intermédiaire, qui veut suivre ses sorties et son sommeil sans avoir besoin de la précision au mètre près, y trouvera une excellente compagne. Une alternative séduisante à une Garmin, un peu moins chère et surtout plus jolie au poignet.

Le bémol reste pour deux profils. Le coureur exigeant sur la donnée s’orientera ailleurs, une Forerunner 970 sera plus fiable et plus complète. Celui qui hésite avec la Cheetah 2 Pro y réfléchira à deux fois : mêmes capteurs, même logiciel, 150 euros de moins. À 600 euros, gardez en tête que vous payez autant le confort et le style que la performance.
Test de la Amazfit Cheetah 2 Ultra
Résumé du test de la montre Amazfit Cheetah 2 Ultra
Belle, endurante et surtout polyvalente, l’Amazfit Cheetah 2 Ultra me séduit par son écran AMOLED, ses finitions premium et une autonomie qui défie la concurrence. Mais à 600 euros, son GPS imprécis, les quelques bugs et l’horrible application Zepp qui met en scène un véritable harcèlement l’empêchent de viser le sans-faute. De plus, elle partage l’essentiel avec la Cheetah 2 Pro, qui elle est vendue 150 euros de moins. Une montre plaisir parfaite pour le grand public, qui fait classe, moins pour le coureur exigeant sur la donnée.
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Design et finitions - 9/10
9/10
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Autonomie - 10/10
10/10
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Précision GPS et fiabilité - 6/10
6/10
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Logiciel et Zepp - 6/10
6/10
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Rapport qualité/prix - 6.5/10
6.5/10
Globalement
Pour
- Autonomie exceptionnelle
- Design
- Ecran
- Finitions
- Solide
Contre
- Application Zepp
- GPS imprécis
- Quelques bugs






