Test – Neow Safe Plus : un smartphone pour ado plus safe que smart

Boite du Neow Safe Plus posee sur un bureau, avec le nom du modele

Le Neow Safe Plus arrive avec une promesse qui parle à tous les parents. C’est un smartphone pensé en France pour les enfants et les ados, censé les protéger d’internet sans effort. Réseaux sociaux, moteurs de recherche, contenus adultes : tout est verrouillé par défaut, et les réglages s’assouplissent au fil des années jusqu’à 18 ans. Sur le papier, l’idée est séduisante. J’ai passé plusieurs jours avec, et j’en suis ressorti perplexe. Reste à savoir ce qu’on paie vraiment à 150 euros, et si un simple contrôle parental gratuit ne ferait pas aussi bien.

Notre avis en bref sur le Neow Safe Plus

Le Neow Safe Plus part d’une bonne intention et la tient à moitié. Son contrôle parental clé en main verrouille bien les réseaux sociaux, la recherche web et les contenus sensibles. Les filtres évoluent même jusqu’à la majorité. Le souci, c’est le reste. On paie 149,90 euros un savoir-faire logiciel que Google Family Link offre déjà gratuitement, monté sur un hardware d’un autre âge. Écran en goutte d’eau, Android 14, puce Unisoc dépassée, photo indigente et faux air de S26 Ultra qui sent la copie : difficile de s’enthousiasmer. Je lui mets 5/10, un produit de niche qu’on ne conseille pas par défaut.

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Un contrôle parental clé en main, pensé en France

Commençons par ce que le Neow fait de bien, car c’est tout l’intérêt du produit. La marque a intégré un contrôle parental directement au cœur du système. Par défaut, l’ado n’a accès ni aux réseaux sociaux, ni à un moteur de recherche. Exit aussi les applications de rencontre, les paris sportifs, les jeux d’argent et les contenus adultes. À l’inverse, tout ce qui est utile reste ouvert : utilitaires, applications scolaires, banque, transport. Le parent valide chaque nouvelle installation, fixe des limites de temps et suit la position du téléphone. Surtout, les filtres se relâchent progressivement à mesure que l’enfant grandit, jusqu’à ses 18 ans.

Écran de démarrage du Neow Safe Plus avec le logo neow Safe Plus
Dès l’allumage, le Neow Safe Plus affiche sa promesse : un environnement verrouillé et pensé pour les plus jeunes.

Dans les faits, l’approche est cohérente. On sort de la boîte avec un téléphone déjà bridé, sans avoir à fouiller dans dix menus. Pour un parent qui veut un cadre strict tout de suite, c’est rassurant. Le discours commercial insiste d’ailleurs sur ce point : pas de configuration compliquée, pas de mauvaise surprise. Le hic, c’est que cette tranquillité se paie, et qu’elle ne fait rien de plus que ce qu’on peut obtenir soi-même. C’est là que le bât blesse, et il faut en parler franchement.

Voilà mon vrai reproche de fond. Tout ce que verrouille le Neow, Google Family Link le fait déjà, sur n’importe quel téléphone Android, et sans débourser un centime. Validation des applications, temps d’écran, géolocalisation, blocage de sites : la solution de Google couvre l’essentiel. Elle est même devenue très simple à installer. En cas de doute, il suffit de demander à une IA générative comment bien configurer Family Link. On suit les étapes, et on bloque exactement les mêmes usages. Ce que vend Neow, ce n’est donc pas une fonction inédite. C’est du savoir-faire prêt à l’emploi, facturé à ceux qui n’ont pas la culture technique pour le reproduire.

Tiroir d'applications du Neow Safe Plus avec des applications préinstallées et pas de Play Store
Le lanceur maison ne propose qu’une poignée d’applications validées, sans Play Store classique : un jardin clos, comme Family Link sait déjà en créer.

Reste alors une question dérangeante. Un parent incapable de configurer un contrôle parental devrait-il vraiment confier un smartphone à son enfant ? Car aucun verrou n’est infranchissable. Si l’ado est plus à l’aise que ses parents avec la technique, il finira par contourner le système. Quitte à devenir ingénieur en apprenant à le faire. Le Neow ne réinvente pas le contrôle parental. Il transforme une configuration Android faisable soi-même en solution prête à l’emploi, plus simple à administrer et, en théorie seulement, plus dure à déjouer. Pour 150 euros, on peut tout aussi bien acheter un meilleur téléphone et prendre une heure pour le paramétrer, seul ou avec de l’aide.

Un air de S26 Ultra, et un vrai air de cheap

Passons au matériel, car c’est là que ça se gâte pour de bon. Vu de loin, le Neow Safe Plus joue la carte du smartphone premium. Son dos et son bloc photo copient sans complexe le Galaxy S26 Ultra, avec une ribambelle de cercles qui imitent un système multi-capteurs. Sauf qu’il n’y a qu’un seul vrai appareil photo là-dessous. Les autres pastilles ne servent à rien, si ce n’est à faire illusion. Ce genre de mensonge visuel me hérisse : on fait croire à des capteurs qui n’existent pas. À l’avant, on retombe brutalement dans la réalité, avec une encoche en goutte d’eau et des bordures épaisses dignes de 2015.

La fabrication ne relève pas le niveau. Le plastique prend les traces de doigts en une seconde, malgré ce qui ressemble à un film de protection d’usine. Il se raye tout aussi vite. En voulant décoller le gros autocollant IMEI collé à l’arrière, j’ai carrément soulevé la coque. Restait de la colle, impossible à nettoyer sans marquer la surface. Petit détail qui en dit long : les photos sorties de l’appareil portent dans leurs métadonnées la mention d’un OUKITEL C2. C’est le nom d’un fabricant chinois de mobiles d’entrée de gamme. On tient là toute l’histoire du produit. Un hardware bas de gamme rhabillé d’une surcouche française, vendu bien au-dessus de sa valeur réelle.

Des performances d’un autre âge

Sous la coque, le constat est sévère. Le Neow embarque une puce Unisoc Tiger T606, un octa-core d’entrée de gamme déjà daté, épaulé par 4 Go de mémoire vive. Autant dire que ça peine. Les installations traînent, certaines applications mettent un temps fou à s’ouvrir, et l’interface accroche par moments. Rien de dramatique pour téléphoner ou envoyer un message, mais on sent la limite dès qu’on demande un peu plus. Pire, l’appareil tourne sous Android 14, alors que la fiche commerciale promet Android 15. Deux à trois générations de retard au compteur, sans 5G, avec du Wi-Fi 5 seulement.

Le problème dépasse la simple frustration du quotidien. Neow vante un téléphone qui accompagne l’enfant jusqu’à 18 ans. Or un tel composant ne tiendra jamais la distance. Offrez-le à un ado de 15 ans, et il y a fort à parier qu’il rendra l’âme, côté fluidité, bien avant la majorité. On achète donc un produit vendu comme durable, bâti sur une base qui ne l’est pas. À ce tarif, la concurrence propose des puces autrement plus modernes, qui vieilliront nettement mieux. C’est un mauvais calcul sur le long terme. Et c’est d’autant plus dommage, car la longévité est un argument central du discours de Neow.

Photo : le maillon le plus faible

La partie photo est de loin le point noir du Neow. On compte un unique capteur de 13 mégapixels à l’arrière, 8 mégapixels à l’avant, et une vidéo plafonnée à 1080p. De jour, en cherchant la bonne lumière, on obtient des clichés à peu près regardables, mais mous et pauvres en détails dès qu’on zoome. La dynamique s’effondre au moindre contre-jour, avec des hautes lumières cramées et des ombres bouchées. C’est le genre de rendu qu’on croyait avoir laissé derrière nous depuis plusieurs années.

Application appareil photo ouverte sur le Neow Safe Plus
L’application photo reste basique, à l’image d’un module qui ne mise que sur un seul vrai capteur.

La nuit, c’est franchement mauvais. Le moindre mouvement se traduit par un flou de bougé, le bruit envahit l’image et les couleurs partent en vrille. Sur mes clichés du soir, les façades éclairées virent à la bouillie et les scènes plus sombres perdent tout relief. Pour un premier téléphone destiné à des ados qui adorent photographier leur quotidien, c’est un vrai manque. On me dira que ce n’est pas la vocation de l’appareil, et c’est vrai. Mais quand on affiche un faux triple capteur à l’arrière, on assume ensuite le résultat en photo. Ici, il n’y est pas.

Autonomie, connectique et une boîte trop vide

Tout n’est pas à jeter, heureusement. La batterie de 5 150 mAh fait le travail et tient sans mal la journée, portée par un écran modeste peu gourmand. Bonne surprise aussi, le Neow conserve une prise jack 3,5 mm. Ça a du sens sur un téléphone d’ado, souvent adepte des écouteurs filaires. On retrouve un port USB-C et un lecteur microSD pour compléter les 128 Go de stockage. Sur ce terrain, l’appareil reste dans les clous de sa catégorie, sans briller pour autant.

Tranche inférieure du Neow Safe Plus avec prise jack, port USB-C et haut-parleur
Sur la tranche basse, le Neow garde une prise jack 3,5 mm, un port USB-C et un haut-parleur unique.

Le reste de la connectique rappelle vite l’entrée de gamme. Pas de 5G, du Wi-Fi 5 quand on pouvait espérer du Wi-Fi 6, et un Bluetooth 5.0 qui fait le minimum. Le plus agaçant se trouve dans la boîte, ou plutôt dans ce qui n’y est pas. On récupère le téléphone, un câble USB-C et un manuel, un point c’est tout. Pas de chargeur. Pour un appareil vendu comme le premier smartphone d’un enfant, il faudra donc en racheter un à part. Je comprends l’argument écologique, mais une option à quelques euros à l’achat aurait été la bienvenue. En l’état, c’est une contrainte de plus pour la famille.

Conclusion : que vaut le Neow Safe Plus ?

Alors, que vaut ce Neow Safe Plus ? Son concept tient debout, et je ne le nie pas. Le contrôle parental est complet, bien pensé, et sa logique d’assouplissement jusqu’à 18 ans est maligne. Pour un parent totalement hermétique à la technique, qui veut un téléphone déjà bridé sans rien avoir à régler, l’objet peut dépanner. C’est la seule situation où je le comprends, et elle existe vraiment.

Pour tous les autres, le calcul ne tient pas. On paie 149,90 euros, ou 129 euros via le Pack Ado Protégé de SFR. Soit un savoir-faire que Family Link offre gratuitement, greffé sur un matériel indigne du prix. Écran d’un autre temps, puce dépassée, Android en retard, photo ratée, design menteur et finition fragile : la liste est longue. À budget égal, on trouve un smartphone plus récent, plus endurant, qu’on paramètre soi-même en une heure. Le Neow Safe Plus n’est pas une arnaque, mais une fausse bonne idée. Je le déconseille par défaut, sauf pour cette petite niche de parents qu’il vise vraiment.

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Test du Neow Safe Plus 149,90 €

L'avis de la rédaction

Le Neow Safe Plus mise tout sur un contrôle parental clé en main, verrouillé par défaut et évolutif jusqu’à 18 ans. L’intention est bonne, mais on paie cher un savoir-faire que Family Link propose gratuitement, sur un hardware daté et une photo ratée. Un produit de niche, réservé aux parents totalement réfractaires à la technique.

  • Concept et contrôle parental - 7/10
    7/10
  • Design et écran - 5/10
    5/10
  • Performances et logiciel - 4/10
    4/10
  • Photo - 4/10
    4/10
Globalement
5/10
5/10

Pour

  • Contrôle parental complet
  • Verrouillage par défaut efficace
  • Filtres évolutifs jusqu’à 18 ans
  • Prise jack conservée
  • Batterie endurante

Contre

  • Family Link fait pareil, gratuit
  • Puce et Android dépassés
  • Photo indigente
  • Faux capteurs, design menteur
  • Pas de chargeur fourni
Actuellement étudiant en informatique, je suis un passionné de la technologie moderne et du monde numérique. Ma curiosité insatiable me pousse à explorer continuellement les dernières avancées technologiques, avec un intérêt particulier pour les smartphones et les accessoires connectés. En plus de mes études, j'exerce en tant que rédacteur web et développeur, ce qui me permet de conjuguer ma passion pour l'écriture et la technologie. Mon objectif en tant que rédacteur est de partager mes découvertes et d'offrir des analyses pertinentes et approfondies sur les produits et les tendances de l'industrie. En tant que développeur, j'aspire à créer des solutions innovantes et à contribuer au progrès de la technologie. Je suis toujours à la recherche de nouvelles opportunités et de défis qui me permettront d'approfondir mes connaissances et de développer mes compétences.