Test – Samsung Galaxy Z Fold8 Ultra : quatorze jours sans mon iPhone, et je n’ai pas voulu le rendre

Un téléphone à 2 199 euros ne se juge pas sur une fiche technique. Il se juge au bout de deux semaines, quand la nouveauté est retombée et qu’il ne reste plus qu’un objet dans une poche. Samsung nous a envoyé le Galaxy Z Fold8 Ultra en 256 Go, coloris Graphite. Je l’ai utilisé quatorze jours comme téléphone principal, à la place de mon iPhone 16 : messages, navigation, photos, vidéos en streaming et petit bonus, quelques parties de Clash of Clans le soir.

Sur le papier, le programme est chargé. Huit pouces à l’intérieur, 6,5 à l’extérieur, un Snapdragon 8 Elite Gen 5, 5000 mAh, 4,1 mm d’épaisseur déplié pour 215 grammes. Reste à voir ce que ça donne quand on arrive d’un smartphone classique. Voilà mon avis complet.

Notre avis en bref sur le Galaxy Z Fold8 Ultra

L’écran interne est superbe, l’écran externe est celui d’un vrai téléphone, et la batterie tient là où j’attendais la panne sèche de milieu d’après-midi, avec un résultat qui dépend quand même de l’écran utilisé. Le pli et la charnière, longtemps les deux angles morts du format, ne sont plus des arguments contre. En face, le format presque carré de la dalle interne demande quelques jours d’adaptation, l’étanchéité reste en retrait et le zoom optique 3x fait tache sur un modèle estampillé Ultra. Affiché à 2 199 euros en 256 Go, il ne se justifie que par un usage réellement intensif du grand écran. Un produit excellent, certes, mais un achat difficile à conseiller au quidam.

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Design : un pliant qu’on oublie dans la poche

Premier réflexe en le sortant du carton : le soupeser. 215 grammes, soit une cinquantaine de plus que mon iPhone 16. Pour deux écrans et une charnière, c’est peu. Plié, il rentre dans la poche de jean sans la déformer.

Les 4,1 mm annoncés une fois déplié ne sont pas un chiffre marketing. La tranche est tellement fine qu’on cherche le port USB-C du regard. Les matériaux suivent : châssis en Advanced Armor Aluminum, dos en Gorilla Glass Victus 2, structure Flex Titanium sous la dalle pliable. La finition mate limite les traces de doigts, ce qui compte sur un appareil qu’on manipule sous toutes ses faces.

Un regret quand même. La certification s’arrête à un IP48 : immersion couverte, poussière fine non. À ce tarif, ça pique, et l’idée de noyer un appareil à 2 199 euros m’a trotté dans la tête plus souvent que je ne l’aurais voulu.

Samsung Galaxy Z Fold8 Ultra : deux écrans, deux téléphones

L’écran externe de 6,5 pouces est au bon format. D’ailleurs, j’ai fait l’essentiel de mes tâches courantes dessus sans ouvrir l’appareil, surtout au début : notifications, réponses rapides, itinéraires, musique. En somme, c’est exactement ce qu’on reprochait aux anciens Fold, dont la façade obligeait à déplier pour tout.

Le Fold8 en main

L’écran interne, lui, est le vrai argument du téléphone. Huit pouces en 2256 x 2504 pixels, LTPO 120 Hz, 3000 nits annoncés en pic. Le format est presque carré, et ça surprend les premiers jours. Les vidéos 16:9 laissent d’énormes bandes noires, les reels aussi. Puis on s’y fait, et on comprend. Lire un PDF, éplucher un tableau, naviguer en zoomant sur un article : là, ça prend tout son sens. En plein soleil, la dalle ne bronche pas, grâce à un revêtement antireflet posé directement sur l’écran interne, une première sur un pliant Samsung, un principe qu’on retrouve aussi sur les derniers ultrabooks de la marque.

Effet antéflexion bien pratique en extérieur

Notre test du Galaxy Z Fold8 classique arrive à l’inverse : un écran interne plus large, mieux taillé pour la vidéo, mais un écran externe trop ramassé qui oblige à déplier en permanence. Deux appareils, deux profils d’acheteur.

Le pli et la charnière : parlons-en

C’est la première question que tout le monde pose avec ce genre de téléphone, moi y compris, alors autant y répondre. Le pli existe. Écran éteint, sous un éclairage rasant, on distingue une trace au milieu de la dalle. Écran allumé, en usage normal, YouTube, Clash of Clans, si on ne le cherche pas, le pli est invisible.

La charnière est du même niveau. En effet, l’ouverture est ferme, régulière, sans jeu ni claquement. De plus, l’appareil tient dans n’importe quelle position intermédiaire. Enfin, Samsung a biseauté les bordures internes, ce qui rend l’ouverture au pouce nettement plus simple.

Soyons clairs : deux semaines ne disent rien de la tenue dans le temps. Après trois ans d’ouvertures et de fermetures quotidiennes, le verdict sera peut-être tout autre. Sur les générations précédentes, c’est le film protecteur de l’écran interne qui lâchait, avec des décollements ou des bulles au niveau de la pliure. Impossible de le vérifier en si peu de temps, mais c’est le point à surveiller avant tous les autres.

Le Fold en extérieur, avec la charnière semi plié

Autonomie : deux écrans, deux autonomies

Je m’attendais au pire. En effet, deux écrans, une dalle de huit pouces et une puce haut de gamme réunissent sur le papier tous les ingrédients d’une journée écourtée par le manque de batterie. Pourtant, au quotidien, c’est l’inverse qui s’est produit. Ainsi, sur une journée chargée, entre messagerie, navigation, appels, vidéo dans le tram et une session de jeu le soir, j’ai terminé à 34 %. Par contre, les jours calmes, impossible de le vider complètement.

Notre banc de test raconte pourtant une autre histoire. En usage mixte, de 100 % à 10 %, le Fold8 Ultra tient 8 h 49. C’est près de deux heures de moins que le Fold8 classique, et à peine mieux qu’un Pixel 10 Pro XL.

Benchmark batterie qui compare les deux Fold8 et le Pixel 10 Pro XL

Cet écart n’a rien d’incohérent, il dit simplement quelque chose sur le format. En effet, notre protocole sollicite l’écran interne de huit pouces en continu, c’est-à-dire le scénario le plus gourmand possible. Au quotidien, en revanche, j’ai passé la majorité de mon temps sur la façade de 6,5 pouces, moins énergivore. Autrement dit, le Fold8 Ultra tient la journée sans transpirer tant qu’il reste plié. Déplié en permanence, il reste tout de même endurant au regard de sa consommation plus élevée.

L’explication matérielle vient de la batterie silicium-carbone de 5000 mAh qui loge plus de capacité dans un châssis plus fin. Elle compense le coût de la grande dalle sans l’effacer.

La charge rattrape enfin son retard

C’est l’autre correction de cette génération, et elle était attendue. Jusqu’ici, le haut de gamme pliant de Samsung plafonnait à 25 W en filaire, indéfendable au-delà de 2 000 euros. Le Fold8 Ultra passe à 45 W en Power Delivery avec profil PPS, et à 20 W en sans-fil au standard Qi 2.2.

Les relevés publiés convergent sans se recouper exactement, comme souvent d’un protocole de test à l’autre. Samsung annonce environ 67 % récupérés en trente minutes.

Performances et One UI 9 : rien à signaler

Et c’est un compliment. La puce et les 12 Go de RAM de la version 256 Go avalent tout sans broncher. Clash of Clans n’est pas un juge de paix, d’accord, mais l’appareil reste tiède après une longue session et le passage d’un écran à l’autre se fait sans temps mort ni redimensionnement hasardeux.

Le Fold 8 sous One UI 9 et Android 7

One UI 9 sur base Android 17, avec sept mises à jour majeures promises. C’est l’un des engagements les plus solides du marché actuel, et à ce prix il compte vraiment. Reste l’argument massue du format : le multitâche en trois fenêtres. Sur mon iPhone, cette manipulation n’existe tout simplement pas, gros point positif pour Samsung.

Photo : ce que vaut vraiment le module du Fold8 Ultra

bloc photo du Galaxy Z Fold8 Ultra

Commençons par ce qui frappe le plus : la gestion du contre-jour. En effet, sur la façade au soleil couchant comme sur la route en fin de journée, le capteur principal ne cède ni sur le ciel ni sur les ombres. La pierre garde son grain, les dégradés du ciel restent propres, et rien ne part en bouillie dans les zones sombres. Avec ça, on obtient des clichés d’une très grande qualité sans effort particulier.

En intérieur, le rendu reste convaincant. Ainsi, sur le plat photographié sous la lumière chaude du restaurant, sans flash ni retouche, les rouges tiennent sans virer et le bois de la table conserve sa texture. Samsung pousse toutefois la saturation plus loin que le réel, comme d’habitude. À toi de voir si tu appelles ça un défaut ou une signature. Personnellement, je trouve que ça fait partie de la « magie » des photos prises au téléphone, et en général ça plaît à mon œil.

Côté matériel, on trouve un capteur principal de 200 Mpx stabilisé, rien que ça. Samsung y ajoute un ultra grand-angle de 50 Mpx et un téléobjectif de 10 Mpx avec zoom optique 3x, poussé jusqu’à 30x en numérique. Je vois l’ultra grand-angle comme la vraie évolution de l’année : il passe de 12 à 50 Mpx et s’ouvre désormais à f/1.9. Samsung indique donc 34 % de luminosité gagnée. En revanche, le zoom optique, lui, est limité à 3x. Sur un modèle estampillé Ultra, à près de 2 200 euros, ça fait grincer des dents.

Rapport qualité/prix du Samsung Galaxy Z Fold8 Ultra

CritèreGalaxy Z Fold8 UltraGalaxy Z Fold8Galaxy Z Fold7
Prix de lancement 256 Go2 199 €1 999 €2 099 €
Écran interne8 pouces, ratio 9:107,6 pouces, ratio 4:38 pouces, ratio 9:10
Écran externe6,5 pouces, 1080 x 25205,5 pouces, 1248 x 19726,5 pouces, 1080 x 2520
Batterie5000 mAh4800 mAh4400 mAh
Charge filaire45 W45 W25 W
Capteurs arrière200 + 50 + 10 Mpx, zoom 3x50 + 50 Mpx200 + 12 + 10 Mpx, zoom 3x
Poids215 g201 g215 g

Deux cents euros séparent le Samsung Galaxy Z Fold8 Ultra du Fold8, et ces deux cents euros ne s’achètent pas en puissance brute. Ils s’achètent en bloc photo et en surface d’écran. À chacun de voir si c’est son besoin. Avec le lancement, on peut le retrouver en promo sur Amazon.

La critique la plus fréquente adressée à ce modèle est ailleurs. Les retours presse saluent la finesse et les performances, mais pointent une évolution très itérative face au Fold7, l’absence de prise en charge du S Pen et le prix. Sur ce dernier point, difficile de leur donner tort.

Conclusion : à qui s’adresse le Galaxy Z Fold8 Ultra ?

Je le recommande à celui qui utilise son téléphone comme outil de travail : lecture de documents, multitâche réel, déplacements fréquents avec une tablette en moins dans le sac. Pour ce profil, c’est aujourd’hui la référence, à condition d’accepter de le recharger les jours où l’on se concentre sur l’écran interne.

Conclusion : pour qui est fait le Samsung Galaxy Z Fold8 Ultra

En revanche, je le déconseille à celui qui consomme surtout de la vidéo, mal servie par ce ratio presque carré, à celui qui cherche le meilleur zoom du marché, et à tout possesseur de Fold7 : l’écart ne vaut pas le prix. Pour ma part, je repasse sur mon iPhone 16 sans enthousiasme, retrouvailles avec iOS mises à part, et c’est probablement le meilleur compliment que je puisse faire à ce téléphone.

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Test du Samsung Galaxy Z Fold 8 Ultra

Test du Samsung Galaxy Z Fold8 Ultra

Le Galaxy Z Fold8 Ultra coche presque toutes les cases qui manquaient encore au format pliant. Les deux dalles sont superbes, le pli devient invisible en usage, la charnière est irréprochable et la charge à 45 W corrige enfin un retard gênant reproché au précédent modèle. Au quotidien, tant qu’on le garde plié, il tient la journée sans négociation possible.

Notre banc nuance toutefois le tableau : écran interne sollicité en continu, il concède deux heures au Fold8 classique. Ajoutons un ratio interne mal taillé pour la vidéo, une étanchéité IP48 en retrait et un zoom optique 3x léger pour un modèle qui porte le suffixe « Ultra ». Affiché à 2 199 euros au lancement, c’est un excellent produit réservé à ceux qui exploiteront vraiment le grand écran.

  • Design & finesse - 8.5/10
    8.5/10
  • Écran interne - 8/10
    8/10
  • Écran externe - 9/10
    9/10
  • Performances & logiciel - 9.5/10
    9.5/10
  • Photo - 8.5/10
    8.5/10
  • Autonomie - 8.5/10
    8.5/10
Globalement
8.5/10
8.5/10

Pour

  • Autonomie
  • Qualité des dalles
  • Écran externe généreux
  • Charge rapide
  • Pli invisible
  • Qualité photo

Contre

  • Prix élevé
  • Format de l’écran interne
  • IP48 un peu léger
  • Zoom optique 3x