Xiaomi 18 Pro : ce que vaut son Snapdragon 8 Elite Gen 6, premiers tests à l’appui

Parmi les premiers smartphones équipés des nouvelles puces de Qualcomm, le Xiaomi 18 Pro occupe une place à part. En effet, contrairement au 18 Pro Max, au Honor Magic9 Pro Max et à l’iQOO 16, il ne reçoit pas la déclinaison la plus puissante, l’Extreme Gen 6, mais la version standard du Snapdragon 8 Elite Gen 6, que nous avons détaillée ici. Reste à savoir ce que vaut cette puce une fois dans un vrai téléphone. Or, nos confrères de Frandroid ont justement acheté un exemplaire chinois du smartphone pour mesurer ses performances, et les résultats se révèlent plus nuancés qu’attendu. Voici ce qu’il faut retenir de ces premiers tests, en attendant la version française.
La version standard, un cran en dessous de l’Extreme
Sur le papier, l’écart entre les deux versions de la puce n’a rien d’anecdotique. D’après les chiffres communiqués par Qualcomm, le Snapdragon 8 Elite Gen 6 progresse de 10 % côté processeur et de 35 % côté graphismes par rapport à la génération précédente, contre respectivement 13 % et 44 % pour l’Extreme Gen 6. L’écart se creuse surtout sur l’intelligence artificielle, avec +14 % pour la version standard, contre +35 % pour l’Extreme. Par ailleurs, l’Extreme prend en charge la mémoire LPDDR6, contrairement à la version standard, même si Xiaomi a conservé la LPDDR5X sur ses deux modèles. Enfin, Qualcomm met en avant pour l’Extreme la vidéo en 8K à 60 images par seconde et le ralenti en 4K à 240 images par seconde, sans avoir communiqué ces capacités pour la version standard.
Xiaomi n’a pas expliqué officiellement pourquoi il réserve l’Extreme au 18 Pro Max. Toutefois, ce partage suit la logique de la gamme : le 18 Pro, plus compact avec son écran de 6,4 pouces, est aussi le moins cher, à partir de 5 999 yuans en Chine, contre 6 999 yuans pour le Pro Max. De plus, la marque relativise elle-même l’enjeu. Lors de la présentation, un porte-parole de Xiaomi a en effet reconnu devant la presse, rapporte Frandroid, que « les progrès des composants sont souvent simplement itératifs », la différence se jouant selon lui sur la photo et l’écran. Un discours qui rejoint celui de Chris Patrick, chez Qualcomm, pour qui deux puces haut de gamme permettent aux constructeurs Android de « se démarquer ».
Premiers tests : au niveau des meilleurs, sans les dépasser
Pour se faire une idée, Frandroid a soumis le Xiaomi 18 Pro à sa batterie de tests habituelle, détaillée dans son article consacré aux performances du smartphone. Premier constat, plutôt inattendu : sur son indice maison, qui combine AnTuTu 10, 3DMark et Geekbench 6, le smartphone obtient 62 923 points et ne prend pas la tête du classement. Il se place en effet derrière plusieurs modèles équipés de la génération précédente, le Snapdragon 8 Elite Gen 5. L’écart reste toutefois faible : moins de 2 % face au Xiaomi 17 Ultra, et environ 6 % face au Galaxy S26 Ultra, qui mène avec 66 736 points. En revanche, il devance nettement le Pixel 11 Pro de Google, d’environ 23 %.
Le tableau change sur AnTuTu 11. Avec 3 818 907 points, le Xiaomi 18 Pro se hisse à la troisième place, seulement devancé par deux modèles de la génération précédente, l’Oppo Find X9 Ultra et le Realme GT 8 Pro. Il passe ainsi devant l’iPhone 18 Pro, le Galaxy S26 Ultra et le Honor Magic 8 Pro. Frandroid rappelle toutefois qu’AnTuTu additionne des sous-scores très différents, si bien qu’un seul benchmark ne suffit pas à juger une puce.
Enfin, sur Geekbench 7, qui mesure surtout le processeur, le smartphone obtient 2 920 points sur un seul cœur et 8 248 points sur l’ensemble des cœurs. C’est environ 27 % de mieux que le Pixel 11 Pro, mais l’écart avec Apple reste important : la puce A20 Pro de l’iPhone 18 Pro fait en effet environ 38 % de mieux. Frandroid nuance cependant la comparaison, puisque la puce d’Apple se mesure plutôt à l’Extreme Gen 6 qu’à la version standard.
La chauffe, principal point faible
Si la puissance est au rendez-vous, la gestion de la chaleur l’est beaucoup moins. En effet, le Xiaomi 18 Pro chauffe fortement, et ce dès les premiers tests. Pendant AnTuTu 10, Frandroid a relevé 51,8 °C sur la face avant et 50,6 °C au dos, des températures confirmées avec deux appareils de mesure différents.
Le test d’endurance du processeur se révèle encore plus parlant. Pendant 30 minutes, l’application CPU Throttling fait tourner tous les cœurs à plein régime, pour observer à quel moment le smartphone bride sa puce afin de limiter la chauffe. Au début, les performances baissent en douceur et se stabilisent autour de 80 % de leur maximum, ce qui reste correct. Ensuite, en revanche, la courbe prend une forme en dents de scie : à intervalles réguliers, les performances chutent brutalement vers 25 % pendant quelques secondes, avant de remonter aussitôt. Le smartphone semble donc refroidir sa puce par à-coups, plutôt que de la maintenir sur un palier stable. Au final, l’application affiche un bridage à 53 % des performances maximales, un chiffre tiré vers le bas par ces creux, tandis que la moyenne sur l’ensemble du test atteint environ 67 %.
Concrètement, ce comportement pourrait se traduire par des baisses de fluidité ponctuelles lors de longues sessions de jeu. Reste à savoir d’où il vient. Frandroid s’interroge en effet sur deux pistes : des optimisations logicielles que Xiaomi n’aurait pas encore apportées, ou l’utilisation d’un logiciel chinois en dehors de la Chine.
Une version européenne qui pourrait changer la donne
Ces résultats sont toutefois à prendre avec prudence. En effet, Frandroid a testé un modèle chinois, dont le logiciel n’est pas forcément finalisé. Si l’interface peut être passée en français et accueillir les services de Google, plusieurs éléments restent en chinois, dont un assistant IA qui ne devrait a priori pas être proposé en France. De plus, Xiaomi pourrait encore améliorer la gestion de la chauffe au fil des mises à jour, d’ici la sortie européenne.
L’autonomie pourrait elle aussi évoluer. En Chine, le 18 Pro embarque une batterie de 7 000 mAh, que nous avions détaillée lors de son lancement. Or, Xiaomi a l’habitude de revoir ces capacités à la baisse pour l’Europe, comme il l’avait fait avec le Xiaomi 17, rappelle Frandroid. L’autonomie de la version européenne reste donc à vérifier.
Pour le reste, la sortie est bel et bien confirmée. Lors de la présentation, un porte-parole de Xiaomi a en effet assuré que les 18 Pro et 18 Pro Max seraient lancés en Europe, et plus rapidement que les générations précédentes. En revanche, ni la date ni le prix n’ont encore été annoncés.

En résumé
Avec le Xiaomi 18 Pro, la version standard du Snapdragon 8 Elite Gen 6 laisse une première impression contrastée. D’un côté, ses performances le placent au niveau des meilleurs smartphones Android du moment, sans toutefois creuser l’écart avec la génération précédente. De l’autre, sa forte chauffe et ses baisses brutales de performances constituent le principal point faible du modèle chinois testé par Frandroid. Reste désormais à découvrir la version européenne, dont le logiciel et la batterie pourraient changer la donne. Enfin, le 18 Pro n’est pas le seul smartphone équipé de ces nouvelles puces : retrouvez notre tour d’horizon des modèles déjà lancés et à venir.







